Longtemps les milieux humides ont été perçus comme des simples mares à grenouilles tout juste bonnes à être remplies pour permettre le développement routier ou urbain ; c'est là bien mal connaître les nombreux rôles qu'ils jouent pour le mieux-être de l'homme et de la faune.
Les milieux humides agissent un peu comme des éponges géantes; ils emmagasinent l'eau puis ils la libèrent peu à peu sur une période plus ou moins longue; cette fonction de régularisation de l'eau est celle qui permet à de nombreux puits d'eau potable de ne pas s'assécher et à nos cultures de résister en période de disette d'eau. La végétation tout autour empêche l'érosion du sol lors des grandes crues printanières ou des pluies abondantes; les racines des plantes retiennent le sol, et absorbent l'énergie du vent et des vagues.
Cette capacité de filtrer l'eau peut maintenant être quantifiée au plan économique; en effet, on reconnaît que quelques dizaines d'hectares de milieux humides possèdent la même capacité de filtration et d'épuration des eaux usées qu'une usine de traitement qui nous coûte plusieurs millions de dollars en coût de construction et d'opération. Comme l'eau est plus claire, le soleil peut pénétrer plus efficacement, et, sous l'effet de la lumière, se développent deux des éléments premiers de la chaîne alimentaire, le phytoplancton (algues) et le zooplancton (animaux très petits qui flottent dans l'eau). Ceci nous amènera à
notre second rôle,
Un habitat faunique est décrit comme un endroit où l'on peut circuler, trouver un abri, de la nourriture et un lieu de reproduction. Au Québec, 271 des 638 espèces de vertébrés considèrent les milieux humides comme leur habitat. Plusieurs autres espèces reconnues comme aquatiques ou terrestres ont besoin des milieux humides durant une partie de leur vie. Qu'est-ce qui peut bien attirer autant d'espèces en un même lieu ? Plusieurs animaux y passent toute leur vie; pour eux, l'utilisation de toutes les ressources disponibles est nécessaire. Ils doivent donc trouver leur nourriture et dénicher des matériaux utiles à la construction du nid, de la tanière ou de l'abri. Ils doivent aussi pouvoir s'y déplacer et s'y cacher. C'est pourquoi les plantes sont tellement importantes. Les quenouilles poussent en colonies très serrées autour du marais. Au fil des ans, les tiges et les feuilles viennent à former un tapis qui flotte sur l'eau. Tout autour, on observe des plantes qui ont les pieds dans l'eau et la tête au sec ; ce sont les plantes émergentes. Leurs tiges sont rigides afin de supporter la force des vagues sans casser. D'autres plantes à feuilles flottantes s'y rencontrent ; Le Nénuphar est très connu. Enfin d'autres plantes, dites immergées vivent dans l'eau. La plupart sont munies de tiges souples afin de résister aux courants. Toutes ces plantes peuvent servir d'abri pour la faune ainsi que de repas pour certains types d'herbivores.
Un peu plus tôt, nous avons mentionné les deux premiers éléments de la chaîne alimentaire. Essayons de voir ce qui se passe sous l'eau. Le zooplancton, mangera le phytoplancton ; il sera à son tour mangé par des insectes dont plusieurs naissent dans l'eau. Ces derniers serviront de repas aux poissons ou aux grenouilles qui, à leur tour, seront gobés par des oiseaux piscivores comme le Martin-pêcheur d'Amérique À la surface, les plantes nourriront des herbivores comme le Rat musqué ou produiront des graines qui seront mangées par de petits granivores, des oiseaux ou des rongeurs qui à leur tour deviendront la proie de plus grands prédateurs comme le Renard roux. Ainsi va la vie des habitants des milieux humides.
Toute cette
vie dans les milieux humides
Comme la faune est très abondante, l'homme y pratique la pêche, la trappe et la chasse depuis des centaines d'années; au début pour sa survie, de plus en plus comme loisir; ces activités rapportent des millions de dollars chaque année, en équipements de toutes sorties, en permis et droits d'accès, de séjour etc. Cette même faune attire également les observateurs, les photographes et les peintres de tout acabit, qui viennent profiter de cette importante richesse naturelle; c'est l'une des raisons qui fait que, de plus en plus, on aménage des centres d'interprétation afin d'éduquer et sensibiliser la population à la préservation de ces sites exceptionnels. On peut également faire la cueillette du riz sauvage, et de plus en plus au Québec, on aménage des sites propices à la récolte de la canneberge. Plusieurs milieux humides ont été drainés et sont devenus des terres agricoles très productives puisque riches en nutriments. Et dire qu'on ne pensait qu'à les enterrer. |
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